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La spiritualité de sainte Marguerite Bourgeoys

Par Louise Côté, CND

La spiritualité de sainte Marguerite Bourgeoys revêt un caractère marial. Notre sainte souhaitait suivre « la Sainte Vierge, l’imiter et aller à Dieu par elle, comme par elle, Dieu nous a envoyé son Fils ».

Cette spiritualité mariale s’appuie particulièrement sur deux pôles : le Mystère de la Visitation de Marie à Élisabeth et la vie de Marie au milieu des Apôtres après la Résurrection de Jésus.

La Visitation de Marie à Élisabeth

Au sujet de la Visitation, Marguerite Bourgeoys écrit : « Après que la Sainte Vierge eut donné son consentement à l’ange, elle est faite Mère de Dieu par le Saint-Esprit. Aussitôt, elle se propose, dans la reconnaissance au Père éternel, de correspondre aux grâces de sa Majesté pour le rachat du genre humain pour lequel elle est faite Mère de Dieu. Elle fait sa première visite à Élisabeth. »

Pour Marguerite Bourgeoys donc la Visitation parle d’apostolat. C’est une démarche « vers le prochain »; une marche « en hâte », selon l’évangile de Luc. C’est une inspiration pour le service prompt et désintéressé.

« L’aller vers », c’est-à-dire le sens apostolique, est une caractéristique de la vie et de la spiritualité de Marguerite Bourgeoys. Elle n’a pas hésité à franchir l’océan pour contribuer à ce que Dieu soit connu, aimé et servi en Nouvelle-France. C’est un but apostolique qui l’amène à fonder une Congrégation de sœurs non cloîtrées qui puissent « être envoyées » dans tous les lieux du pays « pour l’instruction des filles ».

Démarche apostolique, la Visitation a toutefois une autre dimension. Tour à tour, Élisabeth et Marie chantent la gloire du Seigneur et la gratitude qui les habite. Le Mystère de la Visitation invite donc à la prière de louange et d’action de grâce devant les merveilles de Dieu et les grâces accordées aux humains qu’Il aime.

Marguerite n’a pas ignoré cette dimension : louange et d’action de grâce s’expriment dans sa prière, jaillissent de son cœur. Évoquant la miséricorde toute gratuite de Dieu, elle dit avoir toute la volonté d’en être reconnaissante. Elle loue son « Seigneur et très aimable Sauveur » pour la protection toute spéciale avec laquelle Il a « bien voulu soutenir sa Congrégation et pour la bonté toute paternelle » dont elle a « si souvent éprouvé les effets ».

La vie de Marie au milieu des Apôtres

Marguerite aimait réfléchir sur la naissance de l’Église, contempler Marie au sein de la première communauté chrétienne et imaginer le rôle qu’elle a pu y jouer : « Elle se tint renfermée avec les Apôtres dans le Cénacle, pour les encourager à attendre la venue de ce divin Esprit qui leur avait été promis ».

Marguerite semble croire que Jésus a voulu offrir la personne de sa Mère aux disciples pour les confirmer dans la foi et pour les aider à poursuivre la mission qu’il leur confiait… Ne nous présente-t-elle pas Marie comme « Maîtresse des novices de tous ceux qui embrassaient la doctrine de Jésus pour faire remarquer les desseins de leur Maître dont elle gardait toutes les paroles dans son cœur? »

L’Amour de Dieu et du prochain

Pour Marguerite Bourgeoys, la Mère de Jésus prolongeait, dans la première communauté chrétienne, la présence de son Fils et la richesse de son enseignement, particulièrement en ce qui concerne le grand commandement de l’amour. Pour elle, Marie n’a pas manqué de le rappeler : « La règle de la charité est celle que la Sainte Vierge a prescrite à tous ceux qui ont eu l’honneur d’être à sa suite, car l’amour de Dieu et du prochain renferme toute la loi. »

À la fin de sa vie, Marguerite reconnaît pour sa part : « Il est vrai que ce que j’ai toujours désiré, et que je souhaite encore le plus ardemment, c’est que le grand précepte de l’amour de Dieu par-dessus toutes choses et du prochain comme soi-même soit gravé dans tous les cœurs. »

Dans une prière, elle demande pour elle et pour ses sœurs : « que nous n’ayons jamais d’autre contentement que de vivre en Vous et avec Vous ».

Marguerite insiste encore sur la disposition à se conserver en la présence de Dieu, comme une mère qui est passionnée pour son enfant ne le perd pas de vue. Son directeur spirituel écrivait : « C’est de cette amoureuse attention à la présence de Dieu qu’elle tirait grâce pour bien faire ses actions ».

L’amour qu’elle cultive pour son Dieu, elle le traduit encore dans un amour prévenant pour le prochain. Elle écrit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même, qui est de ne rein faire à ton prochain que tu ne voudrais pas qu’on te fît et lui faire ce que tu voudrais t’être fait ». Elle dit encore : « Dieu ne se contente pas que l’on conserve l’amour que l’on doit au prochain, mais que l’on conserve le prochain dans l’amour qu’il nous doit porter ».

Elle invite encore à « laisser passer Dieu » dans les rapports avec le prochain, à proclamer ainsi sans parole qu’Il est Amour et qu’Il dit à chacun ; « Tu as du prix à mes yeux et je t’aime »… Elle agit ainsi « à la manière de Marie » : comme la Vierge de la Visitation portant à Élisabeth le Verbe incarné qui vit en elle…

Marguerite Bourgeoys née à Troyes, en 1620, baptisée en l’église Saint-Jean-au-Marché, décédée à Montréal (Canada), en 1700, canonisée par le pape Jean-Paul II, en 1982



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