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Le théâtre à la Congrégation de Notre-Dame

par Stéphanie Manseau. Photos : Marie-Claire Dugas

Ce mardi 31 mars, sœurs et employées de la Maison mère étaient invitées à une conférence donnée par Julie Plourde, chercheure ayant récemment complété sa maîtrise à l’Université de Montréal sur le thème « Un genre en construction : féminité et théâtre à la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. 1850-1920 ». Depuis longtemps intéressée par tous les aspects de l’éducation féminine au 19e siècle, madame Plourde a été intriguée par un constat un peu hâtif qui concluait à l’absence du théâtre dans les écoles de filles au Québec durant cette période. La documentation conservée au Service des archives de la Congrégation de Notre-Dame lui a permis de démontrer que le théâtre était bien présent dans les couvents de la grande région de Montréal, notamment au Mont Sainte-Marie, à l’Académie Saint-Denis et à Villa-Maria.

Julie Plourde a donc étudié l’utilisation du théâtre dans les écoles de la Congrégation entre 1850 et 1920. Elle a constaté une grande diversité entre les écoles, dégageant malgré tout des similitudes. On présentait généralement des pièces de théâtre en novembre et/ou en mars, c’est-à-dire le 3e mois après la rentrée de l’automne ou celle de l’hiver; ceci laissait le temps nécessaire pour préparer le spectacle. Les pièces étaient jouées lors des fêtes du calendrier liturgique ou laïc, de visites, ou encore, pour célébrer l’anniversaire du curé de la paroisse.

Le drame était le genre de prédilection, mais on a aussi monté quelques comédies. Parmi les personnages féminins les plus représentés on retrouvait Esther (de la pièce éponyme de Racine) et la vierge Marie. La pièce la plus jouée fut sans doute Fabiola, l’histoire d’une païenne, femme de caractère et de grande moralité, qui se convertit au christianisme après de nombreux échanges et réflexions philosophiques.

Ainsi, c’était bien souvent pour présenter des modèles édifiants qu’on utilisait le théâtre, qu’il s’agisse de personnages historiques ou fictifs. Une composition classique présentait par exemple quelques couventines dont le comportement blâmable se corrigeait au contact de couventines vertueuses. Si le rôle du théâtre comme outil pédagogique ne semble pas spécifiquement documenté, il était jugé utile pour pratiquer l’art de la discussion (morale, cela va de soi), le maintien et la diction.

On sait que plusieurs pièces furent composées par des sœurs de la Congrégation bien qu’elles ne soient généralement pas signées. C’est cependant une pièce écrite par un père Sulpicien qui fut jouée devant Lady et Lord Dufferin lors d’une visite à Villa Maria en 1873. Les pièces jouées lors de telles occasions étaient souvent prétextes à vanter les mérites des éminentes personnalités reçues.

Il est intéressant de noter que Monseigneur Bourget a fait appel à la Congrégation pour présenter une pièce dans le but de financer la construction de la cathédrale Marie-Reine-du-Monde. Son successeur, Monseigneur Fabre, s’est montré beaucoup moins favorable au théâtre pour les filles – allant jusqu’à l’interdire. On note d’ailleurs une baisse marquée de la pratique du théâtre dans les écoles de la Congrégation pendant la première partie de son épiscopat.

Ce fut un bref mais riche survol de la tradition théâtrale à la Congrégation de Notre-Dame que nous a offert madame Plourde dans une présentation d’une trentaine de minutes. Réjouissons-nous! Car son mémoire intégral est disponible en ligne :

Bonne lecture!

https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/bitstream/handle/1866/11682/Plourde_Julie_2014_memoire.pdf

 

 

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