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La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours

Christine Bretschneider

La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, joyau historique et patrimonial que nous connaissons aujourd’hui, possède une longue histoire qui remonte à l’époque de la colonie. En effet, c’est à l’initiative de Marguerite Bourgeoys que ce projet de construction voit le jour.

Après son arrivée en Nouvelle-France en 1653, Marguerite a l’idée de faire ériger une chapelle de pèlerinage dédiée à la Vierge, patronne de Ville-Marie, à un endroit accessible aux colons. Elle initie ce projet en 1655; elle obtient du sieur de Maisonneuve un terrain et du jésuite Claude Pijart, la permission de construire la chapelle, et réussit à rassembler les matériaux et la main d’œuvre nécessaires.

Les fondations à peine terminées, la construction est empêchée en raison d’un changement de juridiction ecclésiastique. Après de nombreux contretemps, les travaux reprennent en 1675. La première chapelle dédiée à Notre-Dame est enfin achevée en 1678. On y installe la statuette en bois de la Vierge à l’Enfant rapportée de France en 1672 par Marguerite lors d’un des trois voyages qu’elle fera vers son pays natal. Ainsi, Marguerite pourra voir la chapelle de son vivant, pendant 22 ans. Elle meurt à Ville-Marie en janvier 1700.

Par malheur, cette première église en pierre de Ville-Marie est détruite par un incendie en 1754. Toutefois, on retrouve la statuette de la Vierge à l’Enfant intacte dans les décombres. Dans le contexte de la guerre de la Conquête (1754-1760) et de la période qui suit, la reconstruction n’est pas prioritaire. Quelques années après que le terrain de la chapelle a failli être acheté par les autorités britanniques pour y construire des casernes militaires, la fabrique de la paroisse Notre-Dame lance la reconstruction. Le 30 juin 1771, on pose la première pierre de la nouvelle chapelle qui sera plus grande cette fois. La bénédiction a lieu le 30 juin 1773, même si la décoration intérieure n’est pas terminée. Par la suite, on ajoutera de 1784 à 1785 une partie abritant une sacristie. Au cours des siècles suivants, l’édifice échappera deux fois à la démolition et on y apportera beaucoup de modifications.

À la fin du 18e et au 19e siècle la chapelle devient un lieu très fréquenté par les marins en raison du développement portuaire. La chapelle devient aussi le lieu de culte de la communauté catholique anglophone grandissante, avant l’inauguration de l’église Saint-Patrick en 1847. Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, rétablira la pratique du pèlerinage à la chapelle au milieu du 19e siècle.

En 1869, la propriété de la chapelle passe, avec l’accord de la Congrégation de Notre-Dame, de la fabrique de la paroisse Notre-Dame aux prêtres de Saint-Sulpice. De 1886 à 1894, la chapelle sera complètement rénovée: nouvelle façade, nouveaux clochers, intérieur refait, nouveaux plafonds peints en trompe-l’œil, ajouts de statues et adjonction majeure à l’arrière.

De 1904 à 1910, on renouvelle entièrement le décor intérieur: revêtement de marbre et de céramique sur certains murs, nouveaux autels, toiles collées et peintes sur les plafonds et nouveaux vitraux. La chapelle accueille aussi un orgue Casavant en 1910.

De 1952 à 1953, on effectue des travaux de consolidation importants qui modifient grandement l’apparence : remplacement de la flèche par un clocher et réduction de la tour à l’arrière, notamment.

Enfin, le bâtiment subit de 1997 à 1998 une restauration majeure qui, entre autres, remet en valeur les plafonds peints en trompe-l’œil à la fin du 19e siècle. On décide aussi de réaménager le musée Marguerite-Bourgeoys situé dans la crypte. On effectue également d’importantes fouilles archéologiques; on découvrira les fondations de la première chapelle construite au temps de Marguerite. La Congrégation prend alors en charge la chapelle et le musée en étroit partenariat avec les prêtres de Saint-Sulpice.

En 2005, soit 350 ans après qu’elle ait initié le projet de sa construction, les restes mortels de sainte Marguerite Bourgeoys, qui jusque-là avaient été conservés dans les différentes maison mères de la Congrégation, sont déposés dans la chapelle. Ils sont installés dans l’autel latéral de gauche sur lequel repose la statuette de la Vierge à l’enfant.

Aujourd’hui, la chapelle continue d’assurer sa fonction de lieu de culte et de pèlerinage doublée de celle de témoin historique et de lieu culturel.

Références

Simpson, Patricia et Pothier, Louise. Notre-Dame-De-Bon-Secours : une chapelle et son quartier. Montréal, Éditions Fides, 2001. 149 p.

Service des archives de la CND, La chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours. Toute une saga!, Site web « Croire et vouloir » (https://archivesvirtuelles-cnd.org/volet-pedagogique/la-chapelle-notre-dame-de-bon-secours-toute-une-saga)

Ville de Montréal, Fiche d’un bâtiment : chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours, Site web officiel du Vieux-Montréal (https://www.vieux.montreal.qc.ca/inventaire/fiches/fiche_bat.php?sec=e&num=2)

 

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