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L’Heure Juste

Groupe Solidarité Justice

ZOOM… sur l’exécutif

Vous l’aurez deviné, comme tant d’autres organismes, l’exécutif a zoomé. C’était le 6 octobre. Ses membres ont d’abord regretté l’absence de Francine Fournier qui a senti le besoin de délester ses activités pour des raisons de santé. Francine nous a enrichies généreusement, ces dernières années, par son expérience d’insertion en Amérique Centrale et par ses analyses toujours pertinentes sur les problématiques sociales, locales et universelles. Un grand MERCI à Francine pour cet apport à notre groupe de travail. Nous sommes certaines qu’elle nous suivra attentivement. Son interpellation sera toujours bienvenue.

Dans le contexte de la pandémie COVID-19, nous nous sommes demandé par quel biais réamorcer notre communication avec les membres, comment nourrir la réflexion sur les enjeux de l’heure, conscientes de devoir ajuster notre mode de fonctionnement pour repartir autrement.

Nous avons décidé de continuer la production de l’Heure Juste dans un format modifié. Il a été convenu de voir les inégalités sociales en lien avec la pandémie en abordant un sujet à la fois, de fournir un petit outil d’analyse et de faire des suggestions de lecture. Nous commençons avec l’impact de la pandémie sur la consommation notamment alimentaire.


La remise des pendules à l’heure

Selon nos coutumes, l’automne nous oblige à remettre nos pendules à l’heure. C’est une habitude saisonnière où le Québec (sauf la Basse-Côte-Nord) ajuste le rythme de son balancier. Cette année, marquée par la pandémie, nous a appelées à remettre à l’heure d’aujourd’hui nos choix personnels et collectifs. Jamais nous n’aurions proposé un pareil électrochoc d’un océan à l’autre! Ce tsunami a bousculé nos sécurités, nos certitudes, nos dogmes. Secousse et tremblement déclenchés par l’infiniment petit et qui n’épargne ni personne ni pays.

Cet événement a au moins l’avantage de nous révéler l’état actuel de notre société et notre impact sur toute la planète. L’inégalité des chances s’est dévoilée dans toute sa dureté engendrée par le système capitaliste dans lequel nous vivons. Tous nos services publics amaigris depuis des décennies ont fait naître un système parallèle qui favorise les uns au détriment des autres. L’indignation générale soulevée par la situation des aîné.es au début de la pandémie, l’impact sur les femmes, sur la famille, sur l’emploi, sur le système éducatif, sur l’économie; tout converge pour nous convoquer à un changement radical et non à un retour à la «normale». La croissance à tout prix est arrivée au sommet, il faudra maintenant gérer une décroissance à partir de ce sommet. Quelqu’une disait: «Il ne faut plus engraisser le système mais le faire grincer!» C’est le petit grain de sable dans l’engrenage…

Le travail d’analyse du GSJ, commencé en 1996 et poursuivi jusqu’à maintenant, nous a sensibilisées aux tactiques insidieuses de la recherche du profit au détriment de la personne humaine et de l’environnement. Nous nous devons de continuer à garder l’œil ouvert et à maintenir nos choix centrés sur la personne au cœur de son environnement.

Denise Brunelle

Impact de la COVID-19 sur la consommation

Pratiques positives

Achat local: il semble que l’attrait de l’alimentation locale ait augmenté chez les Québécois, Québécoises. Ainsi, durant la première quinzaine d’avril, 68,1% ont choisi un produit local lorsqu’ils ont eu le choix.

Stockage garde-manger: les premières semaines de la pandémie, les consommateurs et consommatrices ont accumulé des stocks très importants d’aliments surgelés, d’aliments en conserve, de pâtes, d’œufs, de produits laitiers, de pain, etc.

Anti-gaspillage: plus de quatre personnes sur dix ont fait davantage de recettes anti-gaspillage depuis le début de la période de la pandémie.

Effets pervers

Moins de vrac: plus de la moitié des Québécois et Québécoises qui consommaient du vrac ont cessé de le faire, les produits en vrac étant par ailleurs moins disponibles pour des raisons sanitaires.

Moins de sacs réutilisables: le nombre de personnes qui ont amené à chaque fois leurs sacs réutilisables à l’épicerie a baissé de plus de 40% par rapport à avant la crise.

Baisse des préoccupations sur la question des plastiques à usage unique: malgré leur impact sur la santé et sur l’environnement, la motivation à ce sujet a diminué de 12,5%.

Augmentation de l’emballage: depuis le début de la crise, 33,5% trouvent que les aliments sont trop emballés.

Impacts sur le commerce des aliments, notamment

Plus de dépenses pour les détaillants en raison des dépenses additionnelles pour répondre aux normes sanitaires: embauche d’un ou d’une garde de sécurité, installation d’équipements de sécurité pour le personnel, dispositifs à l’intention des clientes et clients, par exemple.

Moins de rabais: on voit les circulaires s’amincir, ce qui profite à plusieurs entreprises qui se fient aux comportements des consommateurs et de consommatrices qui, parce qu’ils sont affectés psychologiquement par la pandémie, ont moins tendance à être regardant sur les prix.

Augmentation des prix: le propriétaire d’une épicerie à Montréal évalue que le panier d’épicerie coûte de 4% à 7% plus cher en raison de la pandémie, chiffres qui sont confirmés par l’Association des détaillants en alimentation du Québec et le Conseil canadien du commerce de détail.

Taux d’inflation: au Québec, l’inflation générale, de mai 2019 à mai 2020, a été plutôt négative à -0,4 % tandis que l’inflation alimentaire au Québec était de 3,4 %.

Inégalités sociales

Bref, il est exact de dire que le panier d’épicerie prend plus d’espace dans le budget des Québécois et des Québécoises. Ce poids est particulièrement plus élevé dans les familles où le budget est plus restreint. Considérant que les familles des plus bas quintiles de revenu allouent une plus grande partie de leurs dépenses à l’alimentation que les personnes les plus riches, on peut en conclure que cette pandémie contribue à appauvrir les familles les plus pauvres qui vont être davantage affectées par une inflation alimentaire plus forte.

Références

Le site VIGIE CONSO COVID-19 LA CONSOMMATION RESPONSABLE AU QUÉBEC EN PÉRIODE DE CONFINEMENT
 https://ocresponsable.com/wp-content/uploads/2020/05/Vigie_Conso_COVID-19_Mensuelle01.pdf

Le site du groupe IRIS
 https://iris-recherche.qc.ca/blogue/la-covid-19-et-le-prix-des-aliments-la-pandemie-des-inegalites

Informations colligées par Josée Sarrazin

ZOOM… sur nos pratiques... On jase...

Pour sortir de la normalité en matière de consommation, à partir des données qui précèdent… Vers l’a-normal

Chez nous, nous donnons-nous le pouvoir de choisir ce que nous mettons dans nos assiettes?

Quelles pratiques de consommation responsable voulons-nous adopter dans le contexte pandémique et post-pandémique?

En quoi nos choix peuvent-ils favoriser l’équité sociale?

Échos du ROJEP

L’assemblée générale du ROJEP s’est tenue par ZOOM le 8 octobre 2020. Près d’une vingtaine d’organismes membres y étaient présents.

Débat d’idées avec le professeur Norman Cornett de l’Université McGill, présent à la réunion comme personne invitée.
Dans le contexte de la pandémie et à partir des questions des personnes présentes à l’assemblée, le professeur Cornett a fait référence à une chronique qu’il a rédigée sur le principe de la santé dans le monde hébraïque. Voici un court résumé de l’échange.

Qu’il s’agisse, dit-il, de pandémies, de famines ou d’apocalypse, la maladie a toujours fait partie du peuple de Dieu. La médecine préventive est Salut et le Royaume de Dieu sur terre est Solidarité. C’est la santé physique et mentale des peuples qui est en jeu en ce moment. La solidarité doit être orientée vers les personnes les plus vulnérables pendant la pandémie et leur faciliter l’accès à des conditions de vie acceptables et à des établissements médicaux adéquats. Elle invite à une approche collective, communautaire, créative et politiquement engagée en ce sens. C’est un devoir de bien commun.

Regard sur l’année 2019-2020

Les membres du comité ont tenu 13 réunions en 2019-20. Malgré les contraintes de la pandémie où plusieurs actions ont dû être annulées depuis mars dernier, le ROJEP se dit proactif pour soutenir l’adhésion et la participation de ses membres. Les points suivants ont été particulièrement relevés:

Concernant la réflexion sur l’avenir du christianisme œcuménique social au Québec, une journée a été consacrée à ce sujet le 13 février dernier avec 30 membres participants du réseau.

Un webinaire Kairos sur les migrants-tes a eu lieu le 16 juin auquel un membre du comité a représenté le ROJEP.

Le sujet de l’interreligieux au sein de ROJEP demeure toujours à l’étude de même que l’adhésion des membres individuels.

Actions prioritaires pour 2020-2021

  • Se tenir à jour sur la pandémie et ses impacts
  • Augmenter le membership et la visibilité du réseau
  • Valoriser le christianisme social; collecter et diffuser les initiatives de reconstruction sociale
  • Renforcer les liens avec Kairos
  • Renforcer le financement du ROJEP, suite à la fin de la subvention de Développement et Paix
  • Renforcer la gouvernance: Se donner de moyens pour assurer une bonne gestion financière et doter le personnel permanent d’un contrat et de conditions de travail adéquats.

Suzanne Dubreuil
Déléguée substitut pour le Groupe Solidarité Justice

 

 

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