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Des curieuses de sœurs...des sœurs curieuses!

Denise Brunelle, CND

Les nombreuses cohortes de jeunes filles qui sont entrées dans les communautés au cours du siècle dernier ont fait reculer nos horizons familiers. D'autres cultures, d'autres langues, d'autres histoires, d'autres perspectives, d'autres «us et coutumes», d'autres manies, bref, il y avait de la variété!
Les unes nous semblaient ordinaires, sans traits distinctifs, neutres, d'autres prenaient un relief qui dérangeait l'uniformité : les curieuses! 

Je voudrais rendre un hommage particulier, mais combien sincère, à toutes ces curieuses de sœurs qui, à un moment donné, ont décidé d'aller soulever le voile opaque qui couvrait le visage de Marguerite Bourgeoys. Qui se cachait sous ces couches de peinture superposées par des approches artistiques (?) différentes selon le temps? Voulait-on améliorer l'oeuvre de monsieur Pierre Le Ber qui, selon la mode de son époque, avait peint le visage de Marguerite le lendemain de sa mort?  La toile avait-elle besoin de réfection pour la conserver longtemps? Je crois en la bonne foi des pinceaux qui ont certainement voulu bien faire mais dont le résultat a piqué la curiosité des curieuses de sœurs. Elles ont confié la toile à des experts pour la décaper, et nous révéler le trésor. La première impression de ces experts fut que ce visage en était un de compassion. Nous avons retrouvé l'authenticité de cette femme qui a consacré toute sa vie au service des autres.   Femme de compassion! Femme d'inspiration!

Elle existe toujours cette race de sœurs curieuses, ces curieuses de soeurs, qui questionnent, qui scrutent et qui dérangent. Questionnement pour comprendre et scruter les intentions de la Marguerite qui rassemble autour d'elles  des filles sensibles à son projet «osé». Des filles séculières, non cloîtrées, sans dot, des filles de paroisse, des petites troupes capables de se déplacer facilement pour aller «en toute hâte» vers les autres. Sa présence, bénéfique pour la nouvelle colonie, reçoit l'approbation de son pays, la France, mais pas celle du haut clergé du temps. Néanmoins, avec détermination, pendant plus de quarante ans dans cette NouvelleFrance, elle trace en collégialité avec ses compagnes, le chemin d'insertion d'une communauté religieuse sans cloison, toute sororale.

Avec les sœurs curieuses, ces curieuses de sœurs, nous sommes peut-être arrivées à un moment important du «décapage» de notre institution. À l'instar des experts qui nous ont fait découvrir le «vrai visage» de Marguerite, nous pourrions essayer de soulever délicatement les couches de peinture successives appliquées au long des siècles, par-dessus le projet original de Marguerite. Opération délicate qui demande beaucoup d'amour! Tant de justifications, d'adaptations, d'hésitations, de compromissions, de soumission ont brouillé notre vision et alourdi notre pas au fil du temps. Il faudrait retrouver le courage de regarder Marguerite, droit dans les yeux, jusqu'au creux de son cœur pour lui demander de nous révéler, dans la langue de notre  temps, tout ce que contenait le  : VA! 

De concert avec toutes les sœurs curieuses, ces curieuses de sœurs!

Vrai portrait de Marguerie Bourgeoys
Pierre Le Ber
Collection de a Congrégation de Notre-Dame, Musée Marguerie-Bourgeoys

 

 

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