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Jour de la terre 2018

Denis Brunelle, CND

« J'ai mal à la Terre, mal aux océans... » chante Gilles Vigneault.

Notre planète, surnommée poétiquement la planète bleue, notre planète crie. Les environnementalistes crient, plus de trente pays crient famine. Les humains, mes vraies sœurs et mes vrais frères, meurent de faim, de guerre, de pollution. La Terre n'est plus la résidence de l'humanité, elle est prise en otage par quelques pilleurs du bien collectif. Nous sommes témoins des dérèglements de la planète, des désastres actuels qui surgissent un peu partout, mais sommes-nous conscientes et conscients que, faisant partie du problème par nos complicités plus ou moins volontaires, sommes-nous conscientEs que nous pouvons être partie prenante de la solution ?

Nous pouvons être des artisanes et des artisans de la re-naissance de la Terre. c'est pour nous I'heure de la Re-création. Notre spiritualité ne peut rester dans une représentation figée de la Création tirée d'une lecture trop étroite de la Bible. Les données de la science nous font pressentir le mouvement perpétuel de la création. Nous ne pouvons même plus parler de la Terre toute seule mais d'une planète qui évolue elle aussi dans I'espace sidéral. Plus nous laissons notre vision se perdre dans ces grands espaces, plus nous prenons conscience d'un Moi qui devient humble. Plus nous réfléchissons sur le devenir perpétuel de la Terre, plus nous percevons profondément que Dieu devient avec nous.  «Je suis Celui qui est » se traduit par « Je vais devenir qui je deviens » en se rapprochant des langues d'origine. Dieu est en mouvement puisqu'il est Vie !

Et, s'il est vrai que « Nous sommes en Dieu et que Dieu est en nous », nous avons la responsabilité de nous tenir dans la mouvance de la vie. ce regard que nous portons sur la grandeur de I'existence humaine perce toute frontière et illumine chaque créature. La certitude que I'autre « créé » baigne dans la même vie que moi me rend solidaire de lui et partie prenante de son mouvement et de son rythme. Je me sens alors remplie de respect pour « la Terre et tout ce qu'elle contient ». Respect pour tout ce qui devient.

La Terre, aujourd'hui malmenée, n'a pas à être protégée, maternée, elle doit simplement être respectée dans son évolution et son rythme vital. Elle nous enseigne quelque chose de Dieu. Si nous l'attaquons, si nous l'exploitons outrageusement, si nous la violons, c'est nous que nous détruisons. Si nous la respectons, elle donnera ses fruits en abondance. Nous sommes les artisanes et les artisans par qui notre vie doit collaborer en vérité à donner la vie en abondance ici et maintenant. Dieu ne prendra pas notre place, Il ne décidera pas pour nous. Il invite et espère... À nous de ne pas le freiner.

Quelqu'un disait: « Le 21e siècle sera écologique et spirituel ou ne sera pas. » J'ai confiance dans le regard neuf de la jeunesse et dans le renouvellement du regard d'une partie de la société. J'ai confiance dans la patience de la Terre, c'est une Mère !

Oui, la Terre a besoin d'un coup de pouce et surtout, elle a besoin de plusieurs coups de cœur !

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