Your browser is not Javascript enable or you have turn it off. We recommend you to activate for better security reasonNouvelles du Groupe Solidarité Justice

Accueil > Nouvelles

Nouvelles du Groupe Solidarité Justice

Groupe Solidarité Justice

Crédit photo : Marie-Claire Dugas

À bien y penser

Kuei kuei Tan ishpanin?

Un beau jour de printemps, alors qu'à l'UQAM s'ouvrait un congrès avec ces mots, je me demandais à quel auditoire s'adressait la personne. Quelques phrases suivaient que je ne comprenais pas plus, mais le visage accueillant de l'interlocutrice me fit confiance. Non, je ne m'étais pas trompée de salle, mais pour la première fois de ma vie, je me suis sentie invitée chez moi !

Oui, la personne autochtone avait pris la parole pour nous accueillir sur son sol ancestral. Kuei kuei : bonjour ! Elle nous expliquait que nous étions chez elle, sur un territoire non cédé et, par politesse, elle nous souhaitait la bienvenue et nous donnait la parole. Un choc ! Tan ishpanin ? Comment vas-tu ? À vrai dire, ébranlée !

Après quelques recherches au sujet des territoires non cédés, l'histoire nous rapporte que plusieurs peuples autochtones, habitant ce pays sans limites territoriales, ont vu débarquer chez eux vers 1534, un Jacques Cartier explorateur qui vient prendre leur pays au nom du roi de France. Plusieurs tentatives de rapprochement finissent par donner une certaine façon de vivre ensemble à travers échanges de biens, de conflits, de complicité, et de richesses humaines. La Couronne de France aide financièrement l'établissement de cette colonie naissante, mais les Amérindiens ne cèdent jamais leur territoire. Malgré toutes les recherches historiques dans le dédale des traités on ne trouve jamais trace de cession de la part des Premières Nations. De la Couronne de France à la Couronne d'Angleterre, les Amérindiens ont gardé des liens stratégiques plus ou moins avantageux pour eux. Leur pays se ratatinait sans cesse. Mais ce sont des peuples toujours vivants chez qui nous habitons maintenant. Profondément enracinés en terre d'Amérique, ils nous souhaitent la bienvenue.

Après ce choc qui ne devrait plus nous choquer, avec un brin d'humilité et d'amitié, il nous reste à reprendre notre place avec eux : Tan ishpanin ? Ne minupan : Ça va bien !

La ville de Montréal exprime par les armoiries de son nouveau drapeau, la place qui revient aux peuples millénaires enracinés au cœur de notre histoire collective. Le pin blanc est reconnu comme l'arbre de la paix, symbole d'harmonie et de concorde depuis la Grande Paix de 1701.

Un salut spécial à notre sœur Marie-Laure Simon, Mohawk de Kanesatake, qui a su mêler ses racines aux nôtres depuis plus de soixante ans ! Tshinashkumitin : MERCI !

Denise Brunelle, CND


En votre nom

Solidarité Honduras

Le Groupe Solidarité Justice a appuyé une déclaration du Comité des droits humains en Amérique latine interpellant le gouvernement canadien concernant sa faible position à la suite de l’élection problématique au Honduras. Depuis l’élection présidentielle controversée du 26 novembre, le pays est en état de crise démocratique, une situation douloureuse pour nos consœurs honduriennes. Notre geste d’appui se veut une manifestation de solidarité à leur endroit.


À l'action

Cette année, la rencontre du G7 aura lieu dans Charlevoix en juin et les changements climatiques seront à l’ordre du jour. Le ROJEP propose de faire circuler une lettre adressée au premier ministre du Canada invitant le gouvernement à respecter ses engagements et à rendre des comptes concernant les actions prises pour lutter contre les changements climatiques. Les lettres seront envoyées au ROJEP (25, rue Jarry ouest Montréal QC H2P 1S6) avant le 22 avril pour être acheminées toutes ensemble. Dès maintenant, nous pouvons signer et faire signer la lettre ci-jointe.


Parlant autochtones

Femmes autochtones, un brin d’histoire

Le présent topo reprend les propos sur les femmes autochtones inspirés d’une conférence ultime du regretté Jean Bellefeuille, de la lecture du livre d’Alex Caine et de François Perrault, Le Peuple brisé et d’un récent article de La Presse intitulé Enfants autochtones.

Une des conclusions de la GRC (rapport 2015) sur les assassinats des femmes autochtones souligne comme cause principale, la violence familiale, un point c’est tout. Et si l’on resituait cette « cause », pour qu’elle nous soit compréhensible, au cœur de notre histoire.

Dès le début de la présence des Blancs sur la terre d’Amérique, le comptoir de fourrures, le commerce de l’eau de vie et des armes déstabilisent la société indigène. Les industries forestières et minières s’emparent ensuite du territoire et abusent de ses habitants. La religion chrétienne supprime drastiquement les croyances autochtones. Les lois fédérales (pensons à la loi sur les Indiens de 1876) ne favorisent que domination et assimilation.

Des actes de racisme systémique ou de génocide culturel sont perpétrés contre les Nations autochtones. Par exemple, les pensionnats où 6 000 enfants des 150 000 arrachés à leurs familles décèdent (maltraitance, malnutrition, maladies) et leurs corps ne sont jamais remis à leurs parents. Ou encore les fameuses adoptions des années 1960-1980 où 20 000 enfants nouveau-nés sont soutirés de force à des mères autochtones supposément trop pauvres pour les élever et vendus à des familles blanches en mal d’enfants. Pratique sanctionnée par le gouvernement fédéral.

« Ces actions criminelles et tant d’autres élaborées contre les autochtones ont fait des milliers de morts et plus encore d’opprimés et de traumatisés. Mais elles ont aussi apporté les conditions favorables au crime organisé ». La colère, l’amertume et la haine ont conduit plusieurs jeunes autochtones à la délinquance, créant vite des mafias (Indian Posse, Es-Pak) qui partent de tout côté : extorsion, violence sexuelle, drogues, trafic de femmes et filles pour le commerce du sexe, des organes et d’esclavage de toutes sortes. Faits connus des gouvernements, des corps policiers, mais pour tous, c’est la loi du silence et souvent, la collaboration qui s’imposent. « Une plainte ignorée fait un dossier de moins à constituer », de dire cyniquement un dicton en relation avec les autochtones.

Selon Alex Caine, des policiers ont traité bien souvent ces dossiers de disparitions et d’assassinats avec la même ardeur qu’un vol à l’étalage.

Et l’histoire se continue… À preuve, cet article de La Presse du 24 janvier 2018 où l’on parle des bébés autochtones malades qu’on évacue de régions éloignées en avion-hôpital sans permettre à un parent (le plus souvent une mère) de monter à bord. Situation dénoncée plusieurs fois depuis 1990 comme raciste en plus d’être problématique pour les enfants. Comment les femmes autochtones peuvent-elles faire confiance au système ? À raison, elles se demandent : me voleront-ils (les Blancs) mon enfant ?

Si, comme on le remarque si souvent dans les réserves réputées pour leur pauvreté, le chômage, le manque d’espace etc., l’on considérait avec plus d’humanisme et de justice cette violence familiale et qu’on la traitait dans toute son ampleur, les statistiques ne seraient plus les mêmes et les questions de racisme systémique, de mafia, d’abus gouvernementaux pourraient apparaître au grand jour et être corrigées, ce qui est l’espérance de beaucoup, en commençant par les autochtones où les femmes sont les plus touchées.

N’oublions pas les luttes de ces peuples pour survivre et proclamer leur identité comme nations d’origine toujours debout et prêtes à offrir leurs richesses culturelles et spirituelles à qui veut les accueillir.

PAIX !

Francine Fournier


En solidarité avec les femmes autochtones

Il faut connaître l’organisme Femmes autochtones du Québec. Celui-ci appuie les efforts des femmes autochtones dans l'amélioration de leurs conditions de vie par la promotion de la non-violence, de la justice, de l'égalité des droits et de la santé. Elles sont actuellement impliquées avec la Commission d'enquête sur les relations entre les Autochtones et certains services publics (affaire Abitibi) Or elles ont un défi énorme : elles sont mal représentées devant la commission fautes des moyens financiers pour se payer un avocat.

Outre un appui financier, dans leurs luttes, les femmes autochtones attendent des groupes qui se veulent solidaires

  • qu’ils appuient leurs revendications ou signent leurs pétitions
  • qu’ils écrivent au gouvernement du Québec ou à celui du fédéral pour réclamer l’équité envers les femmes autochtones devant les commissions.

Contribution de Renée Ntagungira


Nouvelles du ROJEP

Martin Bellerose a fait une lecture théologique des expériences de migration. À partir de l’histoire de Ruth, il a exposé les dynamiques de l’hospitalité, en déployant les caractéristiques suivantes : aller vers, aller au-devant ; assurer le bien-être économique de la personne migrante ; défendre ses droits, la protéger contre toute forme de discrimination ou de harcèlement ; établir une relation d’égalité et non de condescendance ; lui manifester de la reconnaissance d’être venu dans son pays. De quoi inspirer nos agirs avec personnes migrantes que nous avons l’occasion de côtoyer.Le mardi 6 février, le ROJEP tenait sa journée de formation annuelle dans les locaux de Développement et paix à Montréal. Le thème était : «Prendre racines : l’expérience de la migration». Trois intervenantEs se sont succédé en début de journée : Martin Bellerose, professeur à l’Institut de pastorale des dominicains, Michel Pilon, responsable de la pastorale sociale du diocèse de Valleyfield et Alessandra Santopadre, responsable du programme de parrainage des réfugiés pour l’archidiocèse de Montréal.

Michel Pilon a présenté les droits des travailleuses et travailleurs saisonniers au Canada. Il a fait part des revendications du Réseau des travailleuses, travailleurs migrants agricoles du Québec (RATTMAQ) notamment sur les questions relatives à la connaissance préalable de l’horaire de travail, au droit de refuser le temps supplémentaire, aux périodes de repos et de vacances, aux congés de maladie, aux conditions d’hébergement et à l’égalité de traitement. D’où la réclamation de modifications à la loi sur les normes du travail.

Alessandra Santopadre a commencé son intervention avec l’image de l’enfant mort sur la plage et le mot EFFATA, ouvre-toi. Elle a présenté la situation des personnes réfugiées qui ont dû fuir la persécution en raison de leurs race, religion, nationalité, appartenance à un groupe social, opinions politiques. C’est une expérience toujours douloureuse et ce, à toutes les étapes, celle du projet migratoire, du trajet migratoire et de la période post-migration où est vécue l’angoisse d’être accepté ou refusé et expulsé. Ces personnes qui ont quitté leur patrie interpellent nos collectivités tenues de leur assurer la dignité, de les accueillir, les protéger et d’assurer leur intégration.

À ces exposés a suivi un « voyage en exil », une adaptation de l’exercice autochtone des couvertures. Tous les participants et participantes ont été appelés à vivre l’expérience de l’exil : quoi garder et quoi laisser derrière soi, négocier son passage, choisir une situation entre un voyage périlleux, un camp de réfugiés ou la vie en contexte urbain. Dans tous les cas, la situation s’avère dramatique, occasion de toutes les frustrations et de tous les dangers. Un grand nombre n’en sortent pas vivants.


À venir

Journée internationale des femmes

Pourquoi être  « Féministes tant qu’il le faudra » ?
 
Les multiples violences contre les femmes et notamment les femmes autochtones, les violences sexuelles révélées par #moiaussi, l’impact sexiste du néolibéralisme et des mesures d’austérité dont les coupes dans les services publics, l’absence d’équité salariale pour de nombreuses femmes, la privatisation des services de garde éducatifs, la discrimination systémique en emploi qui persiste pour toutes les femmes et en particulier pour les femmes racisées ou en situation de handicap, le mythe de l’égalité déjà-atteinte : les barrières dressées devant les femmes se perpétuent. Le mouvement féministe continue de lutter pour que disparaissent toutes les barrières qui freinent la marche vers l’égalité.

Forum social mondial 2018

Salvador de Bahia, au Brésil, accueillera la 13e édition du Forum Social Mondial, du 13 au 17 mars. C’est le plus grand rassemblement de la société civile au monde. Parallèle au forum économique de Davos, il rassemble des citoyens et des organisations du monde entier sensibles aux principaux sujets de préoccupation de la société civile en rapport avec la mondialisation (développement social, économie solidaire, environnement, droits humains, lutte féministe, démocratisation, racisme, (dé)colonisation, etc.).


Forum mondial théologie et libération

À l’approche des élections provinciales, les beaux discours qui réaffirment que l’égalité entre les femmes et les hommes est une valeur fondamentale ne font pas disparaître, dans les faits, les inégalités économiques et sociales que subissent les femmes.

Simultanément au Forum social mondial, se tiendra le Forum mondial théologie et llibération. La coordination de justice sociale CND, en collaboration avec le Réseau œcuménique Justice Écologie Paix (ROJEP) et les Oblates Franciscaines de Saint Joseph organise une activité lors de ce Forum. Le thème sera la crise environnementale et ses conséquences sur les réserves d'eau de la planète. Bineta Ba y présentera le projet OK Water Project de Kumbo (au Cameroun). Sœur Ercilia participera à l’événement.


Agenda

À Montréal

  • Le dimanche 11 février, à 16 h 00, à la Maison Bellarmin, 25 Jarry ouest, Saison Emmaüs, sous le thème de la parole des femmes libérée. Chaque personne apporte un plat froid qui sera partagé.
  • Le jeudi le 15 février 2018, de 19h à 21h, au Centre Saint-Pierre, salle 204, 1212 rue Panet, soirée publique La guerre contre la Syrie organisée par le Collectif Échec à la guerre.
  • Le samedi – 17 février 2018, de 9h30 à 15h30, à la maison mère, journée de formation de l’ARDF-Montréal. Thème : dans le contexte social et politique actuel, en tenant compte du spécifique «femmes », peut-on identifier des « lieux communs de pouvoir » pour transformer le monde dans le sens des valeurs affirmées par la Charte mondiale des femmes pour l’humanité.»
  • Le mercredi 21 février, à 18h, à l’amphithéâtre (SH-2800) du pavillon Sherbrooke de l'UQAM, 200, rue Sherbrooke Ouest (Métro Place-des-Arts), conférence d'Alain Deneault, Une économie pervertie. RÉSERVATIONS REQUISES : http://www.coeurdessciences.uqam.ca.
  • Le lundi 5 mars, de 17 h 30 à 19 h 30, à la librairie Paulines, 2653, rue Masson, suite de la série Libérer la prière, L’ÉVANGILE SELON MATTHIEU Une prière d’exclus avec André Myre.
  • Le lundi 19 mars 2018, de 19 h à 21 h 30, à la Maison Bellarmin – 25, rue Jarry Ouest, soirée Relations, L’Algérie au-delà des clichés.
  • Le samedi 24 mars 2018, de 9h30 à 16h, Découvrir la diversité musulmane montréalaise : dépasser les préjugés et partager la citoyenneté. Circuit commenté dans Montréal. Pour information, Centre justice et foi.
  • Le mardi 27 mars 2018, de 19h à 21h30, au Centre communautaire de loisir de la Côte-des-Neiges, 5347 Chemin de la Côte-des-Neiges, Table-ronde : L’islam dans les médias : un imaginaire construit en problème public.

À Québec

À noter qu’exceptionnellement, le calendrier du réseau social Québec ne présente pas d’activités qui rejoigne nos intérêts.


À la source

Pour la réflexion et le partage, nous proposons un texte de Jean-Claude Ravet, La non violence subversive de Jésus, un texte publié sur le site Interbible le 15 janvier 2018.

 

 

Retour à l'index précédent Toutes les nouvelles
© Tous droits réservés Congrégation de Notre-Dame, Montréal, Québec, Canada