Your browser is not Javascript enable or you have turn it off. We recommend you to activate for better security reasonHomélie de MGR Stenger

Accueil > Nouvelles

Homélie de MGR Stenger

CND

Fête liturgique de Ste Léonie Françoise de Sales Aviat et de Ste Marguerite Bourgeoys – Eglise Saint-Jean-au-marché.

Introduction

Depuis quelques années le pli est pris - et c'est un bon pli - de fêter ensemble vos deux fondatrices Marguerite Bourgeoys et Léonie Françoise de Sales Aviat

C'est un bon pli oui parce que la sainteté n'est pas une affaire purement individuelle, le couronnement de mérites personnels. On n'est jamais saint tout seul, on l'est avec d'autres, on l'est par d'autres. Léonie Aviat et Marguerite Bourgeoys ont illustré cette profonde réalité à merveille, chacune en particulier. Aussi la jonction qui les unit dans une même action de grâce est significative. Elles entraînent dans un même pélerinage de sainteté leurs filles et tous ceux qui se laissent inspirer par elles.


Suivons donc ensemble ce chemin qu'elles nous ouvrent en accueillant le Dieu qui nous pardonne.

Homélie
Mt 18, 1-5 à 10, 14

Ceux qui ont une connaissance approfondie de la vie de nos deux saintes pourraient s'amuser à faire des parallèles entre leurs tempéraments, entre leurs existences, et il y en aurait probablement plus d'un à faire. Aujourd'hui je voudrais vous proposer celui-là seul que nous offre l'Evangile, cette attention au petit et à la brebis égarée. Et je pense pouvoir dire que l'une et l'autre, Marguerite et Léonie Françoise de Sales ont eu en commun cette attention privilégiée pour le petit, pour la brebis qui est en train de se perdre dans le lointain. Ce choix que nul ne fait sauf ceux qui sont fous aux yeux des hommes. Les enfants avaient peu de place dans la société du temps de Jésus. Il fallait être un fou de Dieu, regarder avec le regard d'amour de Dieu pour mettre en lumière la richesse dont ils sont porteurs. La brebis égarée ou encore indocile n'est certes pas la plus importante du troupeau. C'est celle qui donne du travail et de la peine et il faut un coeur grand pour lui donner du temps, un cœur infini pour lui donner tout le temps.


Pour Marguerite les lointains c'était cette population de la Nouvelle France, en particulier les enfants qu'il fallait instruire, et elle na pas hésité à franchir les mers pour manifester qu'ils étaient le choix de son amour dans la ligne de celui du Christ. Léonie Françoise de Sales elle avait été touchée par la situation des jeunes ouvrières du textile perdues dans la ville et c'est à les rejoindre qu'elle a consacré sa vie.

Quelle magnifique parenté entre ces deux femmes dans le sens qu'elles ont donné à leur vie, le choix de l'amour pour les petits, les lointains. Elles se sont en fait forgé le coeur pour que leur coeur ressemble à celui du Christ.

D'autres aussi ont pu s'intéresser aux populations de la Nouvelle France, mais pour des raisons de colonisation, d'intérêts particuliers. Le gouverneur Chomedey était probablement plus animé par des intérêts politiques et marchands que par l'amour de ces indigènes pour eux-mêmes. Et le patronat du textile troyen considérait sans aucun doute avec attention ces jeunes filles qu'il allait faire ramasser dans les campagnes environnantes, mais c'était une attention de rentabilité qui ne se préoccupait guère de leur dignité. Ce n'est pas de ce genre de choix que nous parle Jésus, mais le choix dicté par un amour totalement désintéressé et gratuit, le choix d'une personne pour elle-même, pour sa dignité d'enfant de Dieu. La sainteté c'est au fond la capacité de reconnaître en chacun sa qualité d'enfant de Dieu et de se donner complètement pour la préservation et la valorisation de cette qualité-là. Et pour cela l'une comme l'autre se sont données entièrement sans rien retenir pour soi-même, car dans le regard de Dieu, la créature qui est sur ma route occupe la première place et moi je n'occupe que la deuxième. Elles ont risqué leur vie pour que grandisse et s'épanouisse ce qui avait fait l'objet d'un plan d'amour de Dieu.

Ste Léonie, Françoise de Sales Aviat   Ste Marguerite Bourgeoys
(Oeuvres de Christiane Boone - Cathédrale St Pierre et St Paul de Troyes)

On ne peut pas à leur propos ne pas penser aux enjeux des débats de société actuels. Dans nos entreprises, dans nos engagements, dans nos choix, nul ne peut s'abstraire de la question du pourquoi, de la motivation qui l'anime. Et nul n'a le droit de se croire indemne de tout égoïsme, de toute recherche d'intérêt particulier, de toute exclusion. Il ne m'appartient pas de porter des jugements sur ceux qui iront manifester dimanche, tout comme il ne m'appartient pas de porter des jugements sur ceux qui n'iront pas manifester dimanche. C'est seulement si notre cœur n'est pas obstrué par l'idéologie, par la volonté de puissance, par le désir de faire passer sa vérité plutôt que la vérité que nous pouvons dire que notre démarche est une démarche de l'amour pour préserver les chances des plus petits, des plus innocents.

Ce dont notre société a le plus besoin, c'est de témoignage de ce qu'est l'amour de Dieu à l'instar du témoignage que nous ont donné Marguerite Bourgeoys et Léonie Françoise de Sales Aviat. Un amour sans compter, un amour totalement gratuit qui privilégie le petit, le lointain, l'obscur, le rejeté. Nous voulons tous devenir des saints. Il nous est clairement indiqué que c'est là l'unique chemin de sainteté. Et qu'avons-nous à donner à ceux que nous aimons ainsi? Comme le dit Saint Paul, dans la première lecture: « L'Evangile de Dieu, mais aussi tout ce que nous sommes ».

Vous les filles de Marguerite Bourgeoys et celles de Léonie Françoise de Sales Aviat qui êtes des éducaîtrices, vous savez bien que la véritable transmission n'est pas celle du savoir - y compris lorsqu'on veut faire connaître Dieu à ceux vers qui nous sommes envoyés. La véritable transmission est celle d'un amour donné qui s'incline devant l'autre avec disponibilité et gratitude, parce qu'il est un présent merveilleux de Dieu.

Puissent nos deux saintes nous apprendre à devenir des saints de cette manière-là.

 

 

Retour à l'index précédent Toutes les nouvelles
© Tous droits réservés Congrégation de Notre-Dame, Montréal, Québec, Canada