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Rencontre du Réseau de justice sociale de la CND

CND


La dette écologique
John Dillon, Kairos

En ce vendredi 27 juillet, les membres du Réseau de justice sociale de la CND réunies à Montréal accueillaient monsieur John Dillon, de Kairos.

Dans une allocution d'une heure, monsieur Dillon explique le concept de la dette écologique. Les sociétés des pays industrialisés ont une dette envers les pays en voie de développement ainsi qu'envers la planète. En effet, ainsi que le démontrent implacablement les statistiques et graphiques présentés par monsieur Dillon, les populations des pays industrialisés consomment plus que leur part de la biocapacité globale. Les spécialistes estiment qu'il nous faudrait atteindre un ratio de 2,1 hectares disponibles par habitant pour maintenir l'équilibre naturel des ressources. En ce moment, on utilise en Amérique du Nord l'équivalent de 9,4 hectares par habitant. La moyenne mondiale actuelle s'établit quant à elle à 2,23 hectares. De toute la consommation humaine, c'est la consommation d'énergie qui porte l'empreinte écologique la plus forte. Et cette consommation va sans cesse en augmentant.

Divers indices de référence économique existent, dont celui du « seuil de la pauvreté ». Où est son pendant, le « seuil de la richesse » ? Jusqu'à quel point est-il acceptable d'avoir plus ? C'est un enjeu de réflexion important pour les gens d'église et la société entière.

La croissance illimitée, dans un monde aux ressources limitées, n'est pas viable.

Quand on parle de croissance économique, il s'agit d'un type de croissance linéaire. La croissance est synonyme d'augmentation : dans ce contexte, cela signifie produire davantage, plus vite, vendre plus, échanger plus d'argent. L'obsolescence est une stratégie visant à amener plus de croissance : les produits ne sont pas faits pour durer et doivent être remplacés plus rapidement pour maintenir la consommation. Mais si la croissance, c'était produire et consommer mieux ? Si, au lieu d'augmenter le gaspillage, on augmentait la qualité ? Après tout, d'autres aspects de la vie humaine devraient permettre de mesurer une croissance : la santé, l'éducation, la qualité de vie.

Comment pouvons-nous rembourser la dette que nous avons envers la plus grande partie de l'humanité et la planète ? D'abord en réduisant notre empreinte écologique, notre consommation. Eh oui, il faut parler de décroissance. Mais cette décroissance n'est pas un recul. Il faut sortir du schéma linéaire : la décroissance dont il est question ici appelle à un changement : il s'agit d'opter pour d'autres façons de faire. Autrement dit, on peut « tourner vers une autre direction », sans nécessairement « reculer ».

Quelques solutions concrètes :

  • Réduire le gaspillage des énergies fossiles. Des énergies alternatives existent !
  • Privilégier des moyens de transport plus efficaces ! (Les trains électriques constituent une solution d'avenir � mais il faut voir d'où provient l'électricité)
  • Exiger l'utilisation de meilleures sources d'énergies. L'énergie éolienne pourrait répondre de 5 à 15 fois la demande énergétique actuelle ; l'énergie solaire, jusqu'à 30 fois ; la géothermie est à peine explorée. D'où vient le blocage ? Essentiellement des politiques publiques en place ! D'où l'importance de continuer de militer auprès des gouvernements.
  • L'agriculture écologique : une agriculture locale, diversifiée et bioresponsable contribue à maintenir la planète en santé. L'agriculture industrielle contribue pour sa part au réchauffement de la planète !

Réduire ou plutôt, responsabiliser notre consommation, donc. Il faudra aussi, inévitablement, parler d'argent. On discute beaucoup d'une taxe sur le carbone, pour décourager la surconsommation, ou encore, d'une taxe sur les transactions financières, qui ralentirait les échanges financiers. Les revenus pourraient être réinvestis dans le secteur des énergies renouvelables

Monsieur Dillon conclut en citant Gandhi qui affirmait qu'il y a suffisamment de ressources dans le monde pour subvenir aux besoins de tous, mais pas assez pour combler les désirs de quelques uns.

Dans la discussion qui a suivi, les participantes ont exprimé des inquiétudes devant certains constats négatifs mais aussi beaucoup d'espoir. Ainsi, sœur Pierrette Boissé rappelait qu'il y a 40 ans, on parlait d'énergie éolienne et solaire comme d'une réalité souhaitée mais peu probable. Aujourd'hui, pourtant, ces énergies sont développées et utilisées. Nous commençons tout juste à parler d'une taxe sur le carbone! « si on y tient, encourage sœur Pierrette, qu'on ne lâche pas, ça va finir par se faire ».

 

 

 

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